Le paillage : oui, mais pourquoi et comment ?
Le paillage est souvent présenté comme une solution simple et presque automatique au jardin.
Mais à quoi sert-il réellement ? Est-il indispensable ? Et surtout, comment l’utiliser correctement ?
Avant de parler de paillage, il faut d’abord comprendre ce qu’est un sol.
Comprendre le sol avant de le couvrir
Le sol est le résultat de l’altération des roches et de l’accumulation progressive de matières organiques.
C’est un processus extrêmement lent : entre quelques millimètres et un centimètre par siècle.
Un sol est constitué :
de fragments minéraux issus de la roche mère, cassés par les variations de température, l’eau, le vent et l’action des racines
de matière organique en décomposition : végétaux, insectes, micro-organismes, déjections
Le sol est un système vivant et complexe, composé d’éléments solides, liquides et gazeux.
Il évolue en permanence.
Les organismes du sol se partagent la matière organique fraîche, la redistribuent en profondeur, puis bactéries et champignons poursuivent le travail.
C’est cet équilibre qui permet aux végétaux de se développer correctement.
Un sol, ce n’est donc pas seulement de la terre. C’est surtout de la vie.
À quoi sert réellement le paillage ?
Le rôle premier du paillage est de protéger le sol.
Il s’agit d’une imitation du tapis de feuilles mortes que l’on trouve naturellement en forêt.
Mais le paillage ne se limite pas à cela. Il participe à :
la structuration du sol
le maintien de la vie biologique
la santé des plantes
Un sol protégé est un sol qui fonctionne mieux.
Pourquoi pailler ? Les principaux avantages
Le paillage présente de nombreux bénéfices lorsqu’il est bien utilisé :
protection contre le vent et l’évaporation, ce qui réduit les besoins en arrosage
limitation des blessures au pied des arbres causées par les outils de tonte
réduction du compactage du sol
isolation thermique, qui amortit les variations de température et favorise l’activité racinaire
diminution du désherbage en limitant la levée des plantes indésirables
Lorsqu’il est issu du jardin, le paillage permet aussi de recycler ses propres déchets végétaux.
Comment bien pailler
Si l’objectif est de limiter le désherbage, il est indispensable de commencer par désherber soigneusement la zone à couvrir.
Un paillage posé sur un sol envahi ne règle pas le problème.
Si l’objectif est d’enrichir le sol, il faut rester vigilant sur l’épaisseur.
Les collets des plantes doivent toujours rester dégagés pour éviter les problèmes sanitaires.
Le paillage doit protéger le sol, pas étouffer les plantes.
Les différents types de paillage
Il existe trois grandes catégories de paillage : organique, minéral et synthétique.
Paillages organiques
bois raméal fragmenté (BRF)
paillettes de lin
paillettes de chanvre
écorce de pin
tailles de haies (thuya, laurier-palme)
Paillages minéraux
ardoise ou schiste
pouzzolane, roche volcanique riche en silice
graviers
Chaque paillage a ses avantages et ses usages. Le choix dépend du sol, des plantes et de l’objectif recherché.
En conclusion
Le paillage est un outil précieux au jardin, à condition d’être utilisé avec discernement.
Il protège le sol, favorise la vie biologique et améliore la santé des plantations.
Pailler n’est pas une fin en soi.
C’est un moyen d’accompagner le sol dans son fonctionnement naturel.